Protéger les aides ménagères... Oui, mais comment ?
Les résultats d’une étude, présentée lors d’un atelier organisé par l’ONG Avocats sans frontières, ont mis en évidence la complexité des relations contractuelles dans le secteur du travail domestique.
Selon le sociologue et chercheur Sofiane Jaballah, coordinateur de l’étude, l’absence de contrats officiels est fréquente, tant du côté des travailleuses que des familles, en raison des contraintes financières et sociales qu’ils impliquent.
Il a précisé que les travailleuses, souvent en situation économique fragile, privilégient parfois le paiement direct, même limité, car il leur assure un revenu plus élevé que ce qui resterait, après les cotisations sociales.
Jaballah a ajouté que traiter le travail domestique selon un cadre légal classique, similaire aux autres professions formelles, ne reflète pas sa spécificité, puisqu’il se déroule dans un cadre familial plutôt qu’institutionnel.
Vers des règles plus flexibles
Le chercheur a appelé à repenser l’encadrement du secteur de manière plus souple, par exemple en intégrant les travailleuses dans des systèmes économiques alternatifs ou dans le cadre de l’initiative individuelle. Une telle approche permettrait de réduire les charges fiscales et sociales, tout en offrant une protection progressive adaptée à la réalité du secteur.
Il a, également, insisté sur la nécessité d’adopter une approche législative fondée sur une compréhension sociologique et anthropologique du phénomène, appuyée sur des données et statistiques officielles précises.
Enfin, Jaballah a rappelé que le travail domestique joue un rôle crucial dans le soutien aux familles et la prise en charge des enfants et des personnes âgées, soulignant l’urgence de politiques plus équitables garantissant la reconnaissance et la protection des travailleuses.